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Dakar
mercredi 10 août 2022

Aliou Dia, HCCT  « Les producteurs ont été invités à veiller à ce que les graines ne sortent pas du pays ».

Haut conseiller des collectivités territoriales après sa retraite parlementaire  et porte-parole du comité national de suivi de la campagne de commercialisation, il nourrit beaucoup d’espoir sur la suite de celle-ci.
Sonacos se plagient de la faible quantité des graines d’arachide récoltée, une semaine après le démarrage de la campagne de commercialisation. Sur quel levier faut-il s’appuyer pour espérer atteindre la quantité de graines escomptée par la Sonacos ?
    Remercions d’abord le Tout-puissant de nous avoir donné un bon hivernage nous permettant d’avoir une bonne production qui justifie la campagne de commercialisation des arachides.  Mais à l’image de toute bonne campagne, le début est timide parce qu’il y a d’abord des préalables : régler des problèmes de trésorerie.
    Concernant la Sonacos, le directeur général, mon ami Modou Diagne Fada, a déjà confirmé qu’il a obtenu une enveloppe de 30 milliards de francs  Cfa de la banque Islamique qui sont dans les caisses de nos banques locales. Cela est rassurant, mais il va falloir que les points de collecte qui sont déjà affectivement donnés aux operateurs, il y a de cela un peu plus de 10jours, soient réalisés, que le matériel de pesage soit sur place et que tout soit mis au point pour qu’on puisse démarrer.
    Compte tenu de cela, nous avons constaté qu’il y a des points de collecte qui sont déjà fonctionnels parce que nous avons effectué une tournée sous la direction du ministre de l’Agriculture, le Pr Moussa Baldé, accompagné du directeur général de la Sonacos et de l’ensemble des acteurs du monde rural. Nous avons été à Tivaouane visiter un point de collecte pilote de Modou Fall, président de la Fenops (Fédération nationale des operateurs et stockeurs privés du Sénégal). Et sur place nous avons vu des producteurs qui vendaient leurs graines et qui recevaient immédiatement après  le pesage de leurs arachides leur argent.
    Nous nous sommes également rendus au centre de groupage de Diourbel, à la Sonacos. Là, nous avons trouvé 7 camions qui avaient effectivement livré leur poids et ont reçu la facturation et leur argent le même jour. Donc partant de cela, on peut dire qu’en fait le démarrage a été effectif. Cependant, il y a beaucoup d’autres points de collecte qui n’ont pas encore démarré leurs activités. La question que l’on s’est posé  est qu’on n’a pas encore réglé le préalable ou bien les producteurs n’ont pas voulu vendre à ces points de collecte, ou bien il n’y a pas d’arachides dans ces zones.
   Nous continuons à faire les recherches. Effectivement, la Sonacos, à ce jour a eu 7 camions au niveau de Diourbel, mais dans les autres centres de groupage comme Louga et Ziguinchor, elle avait déclaré qu’il n’y avait pas encore de camions. Cela peut effectivement poser problème, mais ne m’inquiète pas du tout parce que tout début de campagne est confronté à cette situation. Il va falloir maintenant s’interroger sur cette situation et essayer de faire le suivi. Nous avons nos éléments de forces paysannes dans tous les départements qui s’en occupent pour dissiper cette préoccupation.
    Ces travailleurs se plaignent aussi du fait que les étrangers s’emparent des meilleures graines. Quel dispositif faudrait-il mettre en place pour ne pas dégrader le capital semencier ?
 
   Si tel est cas, cela va porter préjudice à la filière arachidière. C’est pourquoi d’ailleurs le Comité national de suivi de la campagne de commercialisation dont je suis le porte-parole s’est réuni sous la présidence du ministre de l’Agriculture pour attirer l’attention des uns et des autres que les exportateurs visent les meilleures graines et que si l’on y prend garde, ces meilleures graines qui étaient la production issue des programmes de multiplication de semence risquent   d’être acheminées à l’extérieur. Et on avait attiré  l’attention de tous les acteurs, surtout des porteurs de programme de multiplication et des producteurs, qu’i faudrait qu’ils veillent à ce que les meilleures graines ne sortent pas du pays. Et pour cela, des dispositions ont été prises parce que l’accord que le gouvernement du Sénégal avait signé avec les pays exportateurs stipulait que l’exportation leur est dédiée, mais que la commercialisation est du ressort des nationaux. Donc c’est aux nationaux de procéder à la commercialisation avant de vendre aux exportateurs afin que ces derniers puissent exporter les graines vers leur pays d’origine.
    Pour cela, nous avons pris trois dispositions. La première c’est de faire en sorte que tout le monde achète au niveau des points de collecte parce que ces exportateurs dont on parle n’achètent pas les graines d’arachide au niveau des points de collecte, mais vont dans les loumas (marché hebdomadaire), les marchés et même jusqu’à aller acheter bord champ. Ce qui n’est pas du tout normal, puisque cela ne se fait nulle part. Et le décret, contrairement à ce que pensent certains, a déjà réglé ce problème.
    A propos de points de collecte, la Sonacos devrait régler ses problèmes de trésorerie. A ce sujet d’ailleurs, le directeur général a été catégorique : ils ont obtenu les fonds pour pouvoir payer à temps les operateurs pour une fois que ces derniers ont livré les graines provenant des points de collecte, ils puissent disposer  de l’argent pour pouvoir payer les petits producteurs.
    La troisième disposition est que l’Administration central doit veiller à ce qu’il y ait une traçabilité des graines. Si par exemple un camion se retrouve à Dakar, il faudrait qu’on vérifie son point de collecte de départ. Cela ne peut être approuvé  que par des signatures et des cachets apposés par des chefs de village  ou des chefs de carré  des différents villages où se trouvent les points de collecte.
    Si ces dispositions sont respectées, la Sonacos trouvera certainement de bonnes graines, les semences seront prélevées de la production. Et cela n’empêchera pas les exportateurs de pouvoir disposer de quantités leur permettant d’effectuer leurs opérations commerciales.
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