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jeudi 11 août 2022

Du CFA à l’ECO: les specialistes se prononcent.

« Il y a un jeu trouble de la France… »

Professeur Moustapha Kassé et les économistes financiers, Mame Mor Fall et Ousmane Birame Sané, décrypte avec « l’obs », les changements annoncés avec le remplacement du franc cfa par l’Eco dans huit pays de l’actuelle zone franc de l’Afrique de l’Ouest, leurs faisabilités et impactes sur les économies du pays concernés. Les experts en économies ressortent également les non-dits avec l’Eco, le jeu trouble de la France pour avoir toujours une main mise sur les économies de la zone franc.

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Mame Mor Fall : l’Eco va remplacer le franc cfa d’ici juillet 2020. L’Eco s’accompagne de deux réformes techniques importantes. Avec le Franc cfa, il y avait un compte d’opérateur ouvert a la banque de la France. Ce compte sera supprimé avec l’Eco. Le trésor français ne conservera plus les 50% que les pays africains versent. Ensuite les représentants français siégeant au sein des instances de la banque central des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) vont se retirer. Ce qui fait la particularité de l’Eco par rapport au Franc cfa est la possibilité d’agrandissement des Etats membres qui vont utiliser cette monnaie. Le Franc cfa toujours concernés les 8 pays membres de l’UEMOA. Mais, là avec l’Eco, d’autres Etats peuvent venir partager la même unité monétaire. Cela va faciliter les échanges entre pays africains. Jusqu’à présent, s’il on compare les échanges des pays africains par rapport aux pays européens ; ils sont très faibles. Le taux se situe entre 1 ou 2%. L’économie est presqu’extravertie. On échange plus qu’à l’extérieur qu’à l’intérieure. Avec l’Eco, on pourra agrandir les échanges commerciaux entre nos pays africains.

La faisabilité des changements ?

Professeur Moustapha Kassé : Avec l’Eco, il se posera trois problèmes de faisabilité. Il faut qu’on règle l’inter-parité entre nous. IL faut qu’on sache combien le Naira ou le franc guinéen font en Eco, etc.  Ensuite, il faut créer un système monétaire et financier. En fin, il faut régler les aspects intentionnels. Il faudra une banque centrale. Ou est qu’elle va se situer ? Qui va le diriger ? Il y a des problèmes de la numérisation la question de l’intelligence artificielle qui vont entrer en jeux. Ça ce sont des problèmes   entre autres à résoudre.

Ousmane Birame Sané : On espère qu’en assument entièrement et pleinement notre souveraineté monétaire, nous aurons les coudés franches pour pouvoir impulser des politiques monétaires plus hardies pour répondre aux différentes demandes sociales.

Les non-dits avec l’Eco ?

Mame Mor Fall : Si on fait l’analyse, on se rend compte qu’il y a des non-dits avec l’Eco. Jusqu’à présent, concernant la confection des billets de banque de l’Eco, La France ne s’est pas encore prononcée sur cette question. L’Eco est une monnaie piégée. Il y a une pression des activistes sur la France pour que nos pays tournent le dos aux franc cfa. Avec l’Eco, on a juste changé quelques paramètres du franc cfa et laisser d’autres.

Main invisible de la France derrière l’Eco ?

Mame Mor Fall :la France dit : « Avec l’Eco, je me retire, mais je vais me mettre à côté. » Jusqu’à présent, pour ce qui est de la partie, l’Eco est arrimé à l’Euro. L’autre chose flou concerne les réserves qui se trouvent au trésor français. La France place cet argent à un taux de 75%. Il y a toujours un jeu trouble de la France pour avoir une main invisible sur les économies des pays africains de la zone francophone. Ce qui manque en Afrique, ce n’est pas une monnaie unique qui permettra à ses gouvernants d’avoir une main totale totalement libre sur ses réserves de change et sur sa politique monétaire, mais plutôt des gouvernances intégrés, sérieux, et travailleurs et des institutions monétaires adoptant une gestion saine de la monnaie, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui en Afrique de l’Ouest.

Les étapes à franchir avant l’entrée en vigueur de l’Eco ?

Mame Mor Fall : Au préalable, il faut avoir une croissance solide d’abord. La monnaie est compliquée parce qu’il y a d’autres facteurs qui entre en jeu, notamment l’augmentation du prix du pétrole, entre autres. L’autofinancement des économies de la zone franc pose également problème. Les banques africaines prêtent un peu avec un taux d’intérêt élevé qui va au-delà de 10%. Alors que les banques de l’union européenne prêtent avec un taux de 1% ou 0,5

Econews

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