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vendredi 9 décembre 2022

échauffement du Front social : Les centrales syndicales au banc des accusés.

Le Sénégal vit une ère de pluralisme syndical sans précédent marquée par la coexistence de plusieurs centrales syndicales de travailleurs comme d’employeurs aux sensibilités variées. Au fur et à mesure de l’approfondissement de la démocratie sociale, l’on assiste à une recomposition et à un élargissement du paysage syndical avec notamment l’apparition de nouveaux acteurs. Dans ce nouveau contexte de changement et de mutation profonde, la nécessité de procéder à la détermination du poids relatif des différentes forces syndicales en présente se pose le double angle de la légalité et de la légitimité. Après les élections de représentativités syndicales qui se sont tenues le 30 mai 2017, les 4 centrales syndicales que sont la CNTS, la CNTS/FC, l’UNSAS et la CSA ont été déclarées les centrales les plus représentatives. Selon Babacar Sow , un  journaliste de formation qui suit de près l’évolution du syndicalisme revient sur cette signature qui a eu lieu  cette même année entre le gouvernement et ces quatre centrales. « Ces centrales-là ont signé avec le gouvernement un pacte d’émergence et de stabilité économique. Ce pacte signifié en quelque sorte un pacte de stabilité sociale et de paix social », annonce –t- . Alors il faut le dire : « ces centrales-là ont bénéficié annuellement d’une subvention annuelle d’une manne financière de plus de 300 millions de FCFA » estime ce dernier. Un avis bien partagé par le Secrétaire Général de FGTS/B, Sidya Ndiaye qui a lui-même pris part à cette signature de Protocole. Cette dernière annonce avec amertume, «   Les élections lorsqu’on l’a mené, nous avons signé un pacte d’émergence mais c’était un piège que le gouvernement avait fait signer au centrales syndicales pour la paix sociale sans vraiment résoudre les problèmes. Parce que les dossiers brûlants n’ont jamais été traités et ces centrales sont absentes, ils ont empoché l’argent de l’Etat pour leur subvention. Il faut vérifier où elles sont. On ne les voit plus sur aucun front mais dans quel pays sommes-nous. Elles se sont embourgeoisées », a fustigé le secrétaire général de FGTS/B. Le résultat de cette « désertion » des centrales syndicales c’est que ce sont les syndicats de base qui sont au front. « C’est vrai qu’à ce niveau-là, il y a toujours des problèmes pour rendre compte, pour poser vraiment les revendications des travailleurs, mais il faut dire que souvent les revendications sont spécifiques à un autre. Par exemple, quand on prend le corps des enseignants des moyens et secondaires, des professeurs d’éducation physique. Je pense qu’il y a toujours des revendications qui sont spécifiques à l’un ou un autre corps » , explique le responsable du SYNPICS au quotidien national le Soleil , Maguette Ndong .Il va plus dans son analyse , « c’est pourquoi juste après la signature de l’accord avec le CUSEMS ET LE SAEMS , le corps des enseignants, des professeurs d’éducation physique et sportif s’est levé pour aussi rappeler au gouvernement ses engagements. C’est une réalité mais je pense qu’il ne faut pas condamner ces syndicalistes-là qui posent le problème de manière différente. Il faut le dire ça affaiblit un peu le mouvement syndical mais c’est une réalité et on doit vivre avec ». Le Secrétaire de FGTS/B est moins fataliste. Car selon lui, « même si les syndicats comme CUSEMS et SAEMS sont obligés de s’organiser en noyau pour se battre. CUSEMS-SAEMS ne sont pas centrales. Ce sont des syndicats professionnels. Pour les collectivités locales il y a des fédérations, la santé And Gueusseum . Car les centrales ont pris la clé des champs. Voilà le problème. Donc nous faisons face, parce que tout le temps on était sur le terrain pour nous battre », fustige –t- il. Les problèmes sont toujours là et   tous les secteurs sont touchés. « On peut citer l’éducation et la santé. Malheureusement l’Etat arrive toujours à diviser les gens. Le gouvernement propose toujours des sommes pour résoudre les revendications, mais quelle est la clé de répartition de cet argent ? Cette manne financière elle va où ? Nous nous disons qu’il faut que les gens soient beaucoup plus justes , beaucoup plus équitables », ajoute –t- il . Car selon toujours M.Ndiaye , «  les mesures doivent  être générales et impersonnelles . On ne doit pas cibler et favoriser une catégorie vis-à-vis de l’autre. Ce qui va se passer et les autres secteurs vont se rebeller pour avoir leur part du gâteau ». La solution pour renforcer et redynamiser cette lutte du front social, » il faut créer des conditions pour que ces syndicats se retrouvent. Parce que si on se retrouve et si on fait cause commune l’Etat sera dans l’obligation d’entendre les revendications de ces travailleurs dans une approche globale et essayer de trouver des solutions à ces revendications. Je pense qu’il faut encore du temps pour vraiment trouver une solution mais pour l’heure c’est une réalité avec laquelle nous vivons en tant que syndicaliste »,a déclaré Sidya Ndiaye.  

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C’est une réalité, la Société civile, les mouvements citoyens, les syndicats professionnels sont maintenant au front social. Du moins c’est le constat de nos interlocuteurs. Ce phénomène s’explique selon Babacar Sow , journaliste , par le fait que : «  les centrales syndicales  traditionnelles  qui sont affiliés à ces centrales on les entend pas, on les voit pas . Ce qui fait que même si les questions concernent les difficultés économiques que les sénégalais sont en train de vivre, on n’entend pas la voix de ces centrales ». Très remonté contre des camarades syndicalistes, Sidya Ndiaye embouche la même trompette et va plus loin. « Pour nous ne pensons, on pense vraiment que   ces centrales-là ont étaient piégées en quelque sorte par l’Etat du Sénégal qui leur a fait signer une convention. Cette convention qu’ils sont obligés de respecter moyennant cette subvention qu’ils sont en train de toucher », déplore –t- il. La situation est devenue tellement confuse et les gens ont l’impression que les syndicats n’existent plus. Déterminé à pointer du doigt la source de ce problème, Sidya Ndiaye secrétaire général du syndicat  FGTS/B, ajoute, « le gouvernement négocie avec les centrales qui sont jugées majoritaires, qui ont été déclarées les centrales les plus représentatives. Alors qu’elles sont toujours aux abonnés absents. Le résultat est qu’on voit la société civile, les mouvements qui sont en train de se regrouper pour prendre en charge les problèmes de la société parce qu’ils n’ont pas été pris en charge par ces centrales syndicales qui sont devenus amorphe depuis 2017 ». Un constat que semble partager le SUDES qui, dans un communiqué publié hier, lance un appel à toutes les directions nationales des syndicats de l’enseignement à « l’introspection pour reconstruire le syndicalisme enseignant sur des bases unitaires solides ».

Antacheikhou Koné  

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