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mercredi 5 octobre 2022

Egypte: des risques pèsent sur la monnaie, en raison de la dette à court terme due aux étrangers

La dette extérieure a soutenu la liquidité internationale de l’Egypte. Mais la normalisation du marché de la dette dans les pays développés accentue le risque existant sur sa monnaie. La pratique des taux d’intérêt élevés est risquée, avec de possibles effets pervers pour le pays.

Des risques pèsent sur la valeur de la livre égyptienne, dans un contexte où la Banque centrale des Etats-Unis et celle de la zone euro examinent des possibilités de racheter des titres d’obligations émis par les Etats sous leurs compétences.

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En Europe, la hausse générale des prix au sein de l’économie (inflation) a atteint 3% à la fin du mois d’août 2021. C’est son niveau le plus élevé des dix dernières années. Aux Etats-Unis aussi, la reprise de l’inflation est perceptible.

Cet indicateur joue un rôle croissant dans les finances publiques des économies modernes. Sur les 10 dernières années, les banques centrales de ces deux économies les plus puissantes du monde ont essayé de faire revenir l’inflation, en rachetant sur le marché secondaire, les obligations émises par les pays. Le but est d’éviter que se généralisent des taux négatifs, une situation dans laquelle les détenteurs de capitaux payaient les emprunteurs pour leur donner de l’argent. Elle est le fait d’une inflation basse qui tirait les taux d’intérêt vers le bas.

Au pic de cette période des taux bas, en Europe et aux USA, les investisseurs ont recherché de nouvelles niches de rentabilité, et des pays comme l’Egypte offraient des occasions de gain. Le pays avait besoin de liquidité en devises pour soutenir de difficiles réformes imposées par le Fonds monétaire international (FMI). Entre autres solutions, ses dirigeants ont opté pour des obligations émises en monnaie locale, mais avec des taux de rendement élevés, malgré une forte inflation.

Durant la période où le pays a été dirigé par les Frères musulmans, la situation extérieure de son économie s’est détériorée, et les réserves de change qui servent de paiement sur les marchés extérieurs ont reculé de près de 50%. Il fallait être suffisamment incitatif pour attirer les capitaux étrangers. Le résultat a été positif et l’effet de la covid sur les marchés obligataires des pays développés a maximisé l’intérêt des investisseurs étrangers.

Selon des calculs de S&P Global Ratings, l’encours des obligations émises en livres égyptiennes et qui sont détenues par des investisseurs étrangers est passé de 10 milliards $ en juin 2020 à 30 milliards $ au 31 août  2021. Le revers dans cette situation c’est qu’avec la normalisation des taux sur les marchés européen et américain, les investisseurs peuvent exprimer le besoin de retirer leurs capitaux d’Egypte et les réinvestir sur ce qu’on considère comme étant des « placements plus sûrs ».

La seule arme que possède aujourd’hui le pays pour maintenir ces investisseurs, ce sont les taux d’intérêt. L’Egypte est assez généreuse même parmi des pays émergents comme le Ghana, l’Afrique du Sud, ou encore le Kenya. Mais ce coût élevé de la dette commence déjà à menacer la politique budgétaire du pays. Le paiement des intérêts sur la dette a représenté une moyenne de 45% des recettes publiques au cours des cinq dernières années, et chez S&P Global Ratings, on s’attend à ce que cela se rapproche des 50%.

Des pays comme le Nigeria ont expérimenté l’effet de voir les rendements réels sur les obligations diminuer. Au sein de l’économie la plus peuplée d’Afrique, le niveau des prix a augmenté, et de ce fait, le rendement sur les obligations à un an est devenu négatif. La sanction a été une réduction des importations de capitaux par le pays, avec pour conséquence une perte de valeur de la monnaie. L’Egypte pourrait faire face à ce type d’arbitrage dans un futur proche.

Les besoins de financements complémentaires pour son budget sont de l’ordre de 30 à 40% du PIB selon Moody’s. Or, si le service de la dette continue de progresser, il pourrait selon des analystes, accentuer la pression sur les réserves de change et donc la stabilité de la livre égyptienne. A la fin du mois de juillet 2021, ces réserves étaient estimées à 40 milliards $ par la Banque centrale d’Egypte. C’est un niveau stable depuis le début de l’année, mais c’est 5,5 milliards $ de moins, par rapport au pic atteint par cet indicateur à la fin du mois de février 2020.

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