Facebook: Le sud-africain Naspers entre dans le tout premier conseil d’administration de l’instance gérante de la monnaie digitale

Le conglomérat sud-africain Naspers qui est spécialisé dans la fourniture des services digitaux, a indirectement trouvé place dans le tout premier conseil d’administration de Calibra, l’instance en charge de la mise en œuvre et la gestion de la Libra, la monnaie digitale que compte lancer Facebook en 2020. En effet, PayU, la fintech appartenant à Prosus, elle-même filiale à plus de 70% de Naspers, est présente dans ce premier conseil de 5 membres.

Malgré des défections comme celle de Paypal (société de paiement en ligne) ou encore MasterCard et Visa, les 21 membres restants de l’association Calibra ont signé les statuts fondateurs, lors d’une rencontre qui s’est déroulée lundi 14 octobre à Genève en Suisse. L’association Libra indique que près de 1500 entités souhaitent l’intégrer, et qu’elles passeront par un processus de validation.

Avec son projet de monnaie digitale, Facebook dit vouloir démocratiser l’accès aux moyens de paiement. Mais le projet est vivement critiqué par des régulateurs qui disent ne pas avoir une vision claire de comment le géant américain des réseaux sociaux empêchera des dérives dans le financement d’actes répréhensibles comme le terrorisme, ni comment sera gérée la protection des données des utilisateurs.

Le projet est aussi critiqué par des banques centrales. Elles estiment que la monnaie digitale de Facebook risque d’apporter des distorsions à la politique monétaire et à la stabilité financière. David Markus qui a été désigné premier président du conseil d’administration de Calibra et qui est le chef de ce projet chez Facebook, a déjà répondu plusieurs fois à ces critiques.

Selon lui, la Libra ne sera pas une monnaie virtuelle ex nihilo. Elle sera adossée sur un panier de devises avec une parité bien précise. « Pour qu’une unité de Libra existe, il doit y avoir une valeur équivalente dans sa réserve. En tant que telle, la Libra ne créera pas de nouvelle monnaie. Cette fonction restera strictement du ressort des nations souveraines », a-t-il fait savoir en réponse à la critique que lui faisait Bruno Lemaire, le ministre français de l’Economie et des Finances mi-septembre 2019.

Il est difficile de lire la réaction des investisseurs aussi bien de Naspers que de sa filiale Prosus, face à cette avancée tumultueuse que vit le projet Libra. On note que Naspers a perdu 21% de sa valeur depuis le premier janvier 2019 dont 9% rien que sur le dernier mois. Mais cela peut aussi être le fait d’un réajustement dans le portefeuille des investisseurs, à la suite de la séparation entre les deux entités.