Flambée du baril du pétrole sur le marché mondial/Une nouvelle hausse du prix de l’électricité n’est pas à l’ordre du jour

Malgré la flambée des coûts du pétrole liée à la crise iranienne, la Senelec renseigne qu’une nouvelle augmentation du prix de l’électricité n’est pas à l’ordre du jour.
Les autorités sont encore sous pression. Le mercure a monté d’un cran. Apres la hausse contestée des prix de l’électricité, le régime du président Macky Sall fait face à une nouvelle flambée du baril du pétrole. Les coûts du pétrole ont vivement bondi vendredi dernier après la mort à Bagdad du général iranien Quassem Soleimani, tué dans un raid américain qui fait craindre aux marchés une escalade dans la région et une perturbation de la fermeture de l’or noir dans le monde.

Ainsi, le baril de Brent(pétrole assez léger) côté a Londres a clôturé en hausse de 3,5% à 68,6 dollars Us, soit environ 40 268,2 FCFA( taux du dollar hier soir) sont plus haut niveau depuis septembre, tandis que le baril du witi ( pétrole plus léger que le Brent), la référence à new York, a subi une hausse de 3, 1% à 63, 05 dollars Us, soit environ 36981 FCFA , un niveau plus vu depuis le mois de mai 2019.

Cette ascension s’est poursuivie, hier lundi, faisant trembler les bourses mondiales. Pour les analystes de marchés, la crise iranienne a considérablement réduit l’appétence au risque des investisseurs qui craignent une hausse drastique du prix du pétrole susceptible de souffler un vent contraire sur l’économie mondiale. Cette montée des couts du pétrole sème la crainte d’une nouvelle augmentation des prix de l’électricité au Sénégal.
Mais pour Souleymane Souaré, secrétaire des syndicats autonomes des travailleurs de l’électricité (satel), cette flambée des couts du pétrole n’aura pas une répercussion immédiate sur les prix de l’électricité aux consommateurs, même si elle va impacter négativement sur l’économie du pays importateurs de produits pétroliers comme le Sénégal. Parce que d’après lui, ce sont les pays pauvres qui vont payer la facture de cette flambée du baril .Souleymane souaré : « une nouvelle hausse des prix de l’électricité n’est pas à l’ordre du jour. C’est vrai que le prix du baril en entrain de grimper, mais cela ne veut pas dire qu’ipso facto, le prix de l’électricité va augmenter.

« IL FAUT ATTENDRE LA PROCHAINE REVUE TARIFAIRE EN MARS POUR SAVOIR S’IL Y AURA HAUSSE OU PAS »
Pour ce cadre de la société nationale d’électricité du Sénégal, le prix de l’électricité est encadré au Sénégal par un mécanisme de régulation ou l’Etat met la main à la poche pour subventionner. Souleymane Souaré explique ainsi que malgré les augmentations du prix du baril, depuis 2008, il n’y a pas eu de hausse du prix de l’électricité parce que l’Etat a continué de les subventionner». Sur le gap de 102 milliards de FCFA de 2019 de la sénélec, c’est seulement sur les 12 milliards que l’Etat a été obligé de faire un arbitrage pour faire supporter les 2 milliards de FCFA aux consommateurs et subventionné le reste. Donc sur 102 milliards de FCFA, les 100 milliards ont été supportés par l’état dans le cadre de la compensation tarifaire.

L’état encadre le tarif de l’électricité parce qu’il sait qu’il a un rôle nodal dans les équilibres financiers de notre économie, explique-t-il. Dans la foulée, le secteur général du satel trouve qu’il est normal que les sénégalais s’inquiètent sur cette nouvelle hausse du prix du baril parce qu’il influe sur les coûts de production de senelec.

Mais aujourd’hui renseigne Souleymane Souaré, l’Etat n’est pas dans une logique de hausse de prix de l’électricité, et il faudra attendre le mois de Mars 2020, à la prochaine révision des tarifs, pour voir s’il y aura hausse ou pas. « Lors de cette revue tarifaire l’Etat jugera s’il y a un manque à gagner et s’il est capable de le prendre en charge ou s’il faut le répercuter au prix du consommateur. On ne peut pas augmenter tout de suite le prix de l’électricité parce que le baril a augmenté. Ça ne fonctionne pas ainsi. Il y a des situations de nature beaucoup plus complexes et l’Etat a supporté », rappelle- t-il.