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mardi 16 août 2022

La politique monétaire en question

« Si La politique monétaire est un outil efficace pour stabiliser le cycle économique, elle ne peut pas relever le potentiel de croissance à plus long terme des pays ».

Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE).

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Discutons !!!

 

Quelle est la définition de la politique monétaire?

La politique monétaire consiste pour le gouvernement à travers la banque centrale à moduler la quantité de monnaie en circulation nécessaire pour acquérir les biens et services.

Quelle est l’objectif de cette politique?

La politique monétaire vise à répondre à l’état de la situation économique du moment.

S’il y a un surplus de monnaie dans l’économie relativement à la quantité de biens et services produits, alors il y a risque d’inflation. La politique monétaire consistera à réduire le trop plein de monnaie pour revenir à une situation d’équilibre. Elle réduit cette masse monétaire à travers la hausse du taux d’intérêt directeur de la banque centrale. C’est ce taux qui régule ses relations avec les banques commerciales. S’il est élevé, les banques commerciales répercutent cette hausse à leurs clients qui réduisent leurs demandes de crédits, ce qui aboutit à la diminution de la masse monétaire.

S’il y’a une déficience de monnaie dans l’économie, la politique monétaire consistera à combler ce manque en réduisant son taux directeur, ce qui entrainera les effets inverses de ceux expliqués plus haut.

Ainsi donc Madame Lagarde a raison de dire que la politique monétaire sert à stabiliser le cycle économique, c’est à dire la situation économique du moment.

Elle a également raison de dire qu’elle ne peut relever le potentiel de croissance à plus long terme des pays. Pourquoi?

Parce que les pays dont elle a la charge de conduire la politique monétaire sont globalement des pays de plein emploi des facteurs production (le travail et le capital). Un pays de plein emploi est le pays dont le taux de chômage est inférieur à 5%. Certes, ce taux varie aujourd’hui de 4% à 15% dans ces pays mais globalement, on estime qu’il s’agit de pays de plein emploi.

Un pays de plein emploi signifie que la grande majorité des ressources sont déjà utilisées. Si ces ressources sont pratiquement utilisées, alors, la variation annuelle de la production des biens et services dans ces pays sera relativement faible (en hausse ou en baisse). C’est pourquoi les objectifs de taux de croissance économique dans ces pays tournent autour de la borne supérieure de 5%.

Si la variation de la richesse ne peut être qu’au plus de 5%, alors il ne faut pas que le taux d’inflation qui réduit cette richesse soit du même niveau. C’est pourquoi dans ces pays, le taux d’inflation souhaitable est limité à environ 2%.

La politique monétaire sert donc à réguler la masse monétaire pour que le taux d’inflation et le taux de croissance demeurent dans les intervalles établis. Si le taux d’inflation augmente, la politique monétaire viserait à augmenter le taux d’intérêt directeur. Si la croissance stagne, la politique monétaire consistera à baisser le taux d’intérêt directeur.

Par conséquent, la politique monétaire consiste seulement à gérer le taux d’inflation et le taux de croissance dans les limites des capacités de production actuelles de ces pays. Une croissance au-delà des taux suggérés ne proviendrait que d’une nouvelle révolution des techniques de production et non de la politique monétaire.

La leçon que l’on peut tirer en filigrane de cette démonstration est que chaque espace économique doit définir sa politique monétaire. Il ne peut y avoir une politique monétaire passe partout.

En Afrique, nous avons une économie de sous-emploi. En moyenne 90% de la population active est soit au chômage ou en sous-emploi. L’objectif de la politique monétaire doit être alors de financer l’agriculture, l’éducation, les infrastructures, l’industrialisation et la modernisation du secteur informel pour obtenir des taux de croissance bien au-delà de 10% en moyenne par an. Cette politique monétaire reste à être inventée et sur ce point, l’assertion de Madame Lagarde ne peut s’appliquer à l’Afrique.

Professeur

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