Le monde à la recherche d’un vaccin contre le Coronavirus : Pourquoi les Etats africains risquent d’être les derniers servis.

Avec 188 pays touchés, la pandémie du Coronavirus qui a infecté 4 586 915 personnes pour 309 184 morts a fini d’être la terreur de cette année. Du fait de la rapidité de sa propagation et de l’espièglerie dont peut faire montre le virus responsable de cette maladie, le monde ne sait plus où donner de la tête. Chacun y va de son traitement pour faire cesser la saignée. Devant cette crise sanitaire mondiale, des firmes pharmaceutiques se sont lancés dans une course dans laquelle tous les coups sont permis pour la découverte d’un vaccin. Une course au terme de laquelle seules le plus robustes survivront. Une enquête de Francetvinfos consulté à Dakaractu revele que 77 laboratoires sont en lice pour trouver un vaccin contre le Covid-19. Cette recherche qui prendra des mois mobilisera pas moins de 5 milliards de dollars, fait savoir le site français selon lequel cinq mastodontes, notamment GlaxoSmithKline (GSK), Merck and Co (MSD), Pfizer, Jansen-Jonhson ans Jonhson et Sanofi Pasteur, sortent déjà du lot. Ces firmes pharmaceutiques sont accompagnées soit par des Etats ou des fondations et devraient, au cas où elles mettraient au point un vaccin, procéder à la production, au plus tard dans dix-huit mois. 

Pour capter des fonds, certaines d’entre elles, ont intégré des bailleurs de fonds dont le plus important, souligne Francetvinfos est le Coalition for epidemic preparedness innovations (CEPI), basée en Norvège. Soutenue par Bill et Melinda Gates Foundation, elle préfinance des projets de recherches. Mais la CEPI peut aussi bénéficier des fonds de l’Onu, tempère l’article de Francetvinfos. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si les grandes puissances mondiales, qui ont payé un lourd tribut dans cette pandémie, ont fait main basse sur la recherche d’un vaccin. L’équation, c’est d’élucider ce qu’elles sont prêtes à faire et jusqu’où elles sont prêtes à aller pour être les premières servies. Par exemple, la commission européenne a évité à coups de millions d’euros, 80 millions au total, que Curvac ne vende sa technologie aux Etats-Unis. Dans cette bataille, il est évident que la gratuité n’a pas sa place. Les firmes ont reçu beaucoup d’argent de leurs bailleurs (Etats ou donateurs) pour jouer aux philanthropes. C’est forts de cette conviction que les états africains ont donné de la voix pour ne pas être les oubliés. Dans un appel lancé aux ministres de la Santé réunis à l’Assemblée mondiale de la Santé, 149 personnalités dont le président sénégalais ont plaidé pour l’accès pour tous à un vaccin contre le COVID-19. Cet appel saura-t-il raisonner les tenanciers des firmes et leurs vaches à fric ? 

En tout cas le Sénégal devrait compter sur l’Institut Pasteur pour être parmi les premiers servi au cas où un vaccin serait mis au point. La fondation créée vers la fin des années 1800 est aussi de la course. Elle a intégré la CEPI et a bénéficié d’un appui de 4,3 millions de dollars pour trouver un vaccin. Il a opté pour une technologie de vaccin classique élaboré à partir d’un virus de rougeole atténué, renseigne francetvinfos lu à Dakaractu. Les premiers essais sur l’Homme sont attendus cet été. Le Docteur Amadou Alpha Sall a affirmé que l’Institut Pasteur de Dakar travaille sur la production de vaccins contre le Covid-19. La confirmation viendra de Macky Sall lui-même lors de son entretien avec le Figaro. D’après le chef de l’Etat « il (L’institut Pasteur) ne travaille pas sur la découverte du vaccin contre le Covid-19, mais sur sa production, une fois le vaccin mis au point, comme il l’a fait, par exemple, avec le vaccin contre la fièvre jaune. C’est une belle expérience que je salue. Cela montre que nos pays sont parfaitement capables de contribuer à relever les défis de notre temps ». Relever des défis, c’est aussi soutenir les initiatives africaines, à coup sûr moins couteuses. Avec tout le recul qu’on peut avoir par rapport à sa décoction préventive et curative, Madagascar a donné l’exemple que devraient suivre les « petits » de ce monde en temps de crise. A cette initiative de la Grande Ile se sont greffées les recherches que fait actuellement le Dr Jerome Munyangi sur une solution à base d’artémisia contre le Covid-19. Soutenu par le président Félix Tshisékedi, le chercheur congolais espère faire bénéficier son expérience à ses homologues africains à travers un Consortium qui regrouperait au moins quatre pays, la RDC, la République du Congo, le Burkina Faso et le Sénégal.

Dakaractu