Livre important: La finance sociale islamique dans les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest

L’objectif principal de cette étude est d’explorer l’apport potentiel de la Finance Sociale Islamique (qui comprend la Zakat, le Waqf et les autres instruments de solidarité) à la lutte contre la pauvreté et les inégalités dans des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest. A cette fin, nous avons fait recours à trois méthodes d’investigation : une analyse documentaire, des entretiens individuels et des focus-groups.
Notre échantillon est constitué de quatre pays de l’Afrique francophone. Il s’agit : de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Togo. Nos estimations du potentiel de la Zakat, suggèrent que si elle était efficacement gérée l’extrême pauvreté aurait été drastiquement réduite voire même éradiquée, dans ces pays, dès la première année. Ceci corrobore les résultats de travaux antérieurs sur la question.
Toutefois, pour tirer profit de ce potentiel, il importe de : i) mettre en place un cadre réglementaire pour la gestion de la Zakat
avec un système fiscal assez incitatif, sensibiliser davantage les populations musulmanes sur l’obligation de payer la Zakat et sur l’importance de sa distribution efficace. La pratique du Waqf dans les pays considérée est plutôt dominée par le Waqf religieux (ex. mosquée) ; les Waqf à but socio-économique, tels que les centres de santé, les orphelinats, les forages, etc., n’étant pas encore assez répandus. Les expériences passées comme présentes montrent la capacité du Waqf à renforcer l’offre de ces services de base. Conscients de ces enjeux,
les Etats de la Mauritanie, du Sénégal et, récemment du Niger, ont mis en place un cadre juridique pour le développement harmonieux des Waqf.
Nous avons suggéré, entre autres, l’adaptation de la pratique du Waqf au contexte des pays en question, en favorisant le microwaqfing par le biais duquel de petits montants sont collectés auprès des populations (sous forme d’aumône) pour soit créer des fonds Waqf soit créer des infrastructures sociales de base telles que les centres de santé, les orphelinats, etc.
Enfin, nous avons étudié le potentiel de la microfinance islamique à contribuer à la réalisation de l’inclusion financière et à appuyer plus efficacement les PME.