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Opacité financière : l’Afrique reste la grande victime, mais elle n’est pas si innocente que cela

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 Le nouvel indice d’opacité financière publié par Tax Justice Network, révèle que le continent africain continue d’être la victime des pays qui permettent aux riches individus et aux criminels de cacher et de blanchir de l’argent. Les 17 pays d’Afrique qui figurent dans le classement de cette ONG britannique basée à Londres, pèsent pour moins de 0,57% des activités d’opacité financière dans le monde.

A contrario, plusieurs pays partenaires de l’Afrique sont de grands pourvoyeurs de services juridiques et financiers opaques. Rien que dans le top 10 de ce classement, on retrouve les Etats-Unis d’Amérique qui sont aujourd’hui, devant la Suisse. On y retrouve également Hong Kong, les Pays-Bas ou encore les Emirats arabes unis. Ainsi, si l’Afrique demeure le continent ou on retrouve le plus de pays corrompus, selon l’indice de perception de Transparency International, elle apparait clairement comme la grande victime de l’opacité financière mais elle n’est pas si innocente.

L’analyse au détail du Financial Secrecy Index dévoile que sur certains indicateurs de l’indice d’opacité, la région affiche de très mauvaises performances. Ainsi, l’accès aux données sur l’identité réelle des actionnaires et sur les performances financières des entreprises demeure difficile, voire impossible. Très peu de pays facilitent la publication des rapports d’entreprises en dehors des sociétés cotées sur les marchés financiers.

L’Angola apparait comme le pays le plus opaque sur le plan financier. Riche pays pétrolier, il affiche le score maximal de 100 sur 12 des 20 indicateurs du niveau d’opacité ; ce qui le place en tête des autres juridictions africaines. Lorsqu’on combine le niveau d’opacité à la contribution au volume mondial des flux financiers opaques, l’Algérie, riche pays pétrolier du Maghreb, arrive en tête. Elle suit l’Angola en termes d’ampleur du secret financier, mais pèse bien plus en termes d’impact au niveau mondial.

Rappelons que ce classement de Tax Justice Network n’a pas pour ambition de constituer une liste noire, compte tenu de la politisation et de l’échec de cette approche. L’indice d’opacité financière confirme qu’il n’y a pas de distinction à faire entre les « bonnes » et les « mauvaises » juridictions, mais plutôt qu’il existe un éventail de degré d’opacité dans lequel tous les pays ont encore des progrès à faire.

« L’indice de l’opacité financière est un outil précieux pour savoir où surgissent les réglementations néfastes sur la planète et pouvoir proposer des stratégies pour un monde plus transparent. La question de la taxation des plus riches est au centre du débat en cette année électorale aux Etats-Unis. Pour qu’elle puisse efficacement contribuer à la lutte contre les niveaux historiques d’inégalité aux Etats-Unis, nous devons mettre un frein au secret financier », a fait savoir Gabriel Zucman, membre de la Commission indépendante pour la réforme de la fiscalité internationale des entreprises (ICRICT) et professeur d’économie à l’Université de Californie à Berkeley.

Ecofin