Pétrole : le Nigeria réclame 62 milliards de dollars aux compagnies pétrolières

Selon l’Agence d’information économique Bloomberg, le gouvernement nigérian souhaite renégocier les accords de rémunération du pétrole pompé dans le pays. En fait, le gouvernement met en avant une loi de 1993, qui stipule que le revenu de l’Etat augmente quand le prix du pétrole dépasse les 20 dollars le baril. Les grandes compagnies qui opèrent au Nigeria ne se sont pas conformées à cette loi. Le manque à gagner s’élèverait à 62 milliards de dollars, avance Bloomberg

Les plus grandes compagnies pétrolières mondiales qui opèrent au Nigeria sont concernées par cette mise en demeure. Shell, Exxon Mobil, Chevron, Total, Eni ont saisi la Haute Cour fédérale pour contester cette injonction. Car si elles veulent bien revoir les conditions de rémunération des royalties, elles refusent de payer des arriérés.

D’où vient cette demande ?

Il s’agit au départ d’un accord classique. Pour permettre aux entreprises de retomber plus rapidement sur leurs pieds, les Etats réfrènent leurs prétentions financières en début d’exploitation. Ainsi, quand la production offshore a débuté il y a 26 ans au Nigeria, le brut se vendait 9,5 dollars le baril. Il est aujourd’hui autour de 60 dollars pour le Brent. Légitimement, Abuja souhaiterait obtenir sa part du gâteau. Aujourd’hui le ratio est de 80/20 en faveur des compagnies, explique Bloomberg.

Le Nigeria cherche des revenus

Malgré la baisse de la production réclamée par les pays membres de l’OPEP, les cours du pétrole ne cessent de chuter. 72 dollars le 16 mai 2019, contre 60 ces derniers jours. Qui plus est, les trafics en tout genre feraient perdre 40 millions de dollars par jour à l’Etat (pour une production de 2 millions de barils jour, soit 120 millions de dollars). La société nationale Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), a recensé 106 cas de vandalisme en juin 2019. Les attentats réguliers sur les oléoducs du delta du Niger, lancés par les indépendantistes n’arrangent rien.

Justement, selon Reuters cette manne financière serait reversée aux Etats des régions de production. De quoi tenter de calmer la grogne dans le delta.