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lundi 3 octobre 2022

Reportage / Yango, Allô Taxi, Heetch, Yassir… Focus sur ces nouvelles applications qui ont révolutionné le Taxi

Dans un monde où tout est en perpétuel changement, le secteur du transport n’est pas en reste. L’époque où, pour disposer d’un « Taxi », l’on était obligé d’attendre sur le trottoir pour en guetter un avant d’entamer le marchandage de la course, semble de plus en plus dépassée.

La modernité impose un tout autre style de services qui plus accessibles et adaptés aux besoins de la population. Dakaractu est descendu sur le terrain pour tâter les réalités autour de ce nouveau concept tant débattu par les usagers.
À présent, le business du célèbre entrepreneur Américain Travis Cordell Kalanickun a inspiré beaucoup d’entrepreneurs du secteur privé qui se sont penchés sur le business de ce service de transport taxi avoisinant le « Uber», cette application mobile qui facilite le contact entre clients et  conducteurs pour des services de transport. Ici au Sénégal, la concurrence est rude. On y retrouve Yango, Heetch, Yassir, Sama Taxi, Dawal entre autres… Mais parmi ceux sur la liste, seulement deux (2) applications sont opérationnelles et fiables, suite à des expériences effectuées. Il s’agit de Yango et de Heetch. Cependant, allons savoir ce qu’en pensent les usagers.
Yango, Heetch … quelles appréciations sur ces deux applications?
Abdoulaye, la quarantaine, fonctionnaire dans une boite au centre-ville a bien pris goût aux services de Yango. Bien que véhiculé, il a voulu une fois tester le service, nous confia-t-il, interpellé sur le sujet.
« Ma première fois, c’était pendant le mois de Ramadan. Puisqu’il y avait tout le temps des bouchons aux heures de descente, ce n’était pas trop bénéfique pour moi de sortir ma voiture au risque de brûler du carburant, de rester coincé dans les embouteillages et d’arriver à la maison bien après la rupture. C’est là que j’ai décidé de la garer et de tester le Yango tant louangé par un ami qui m’en avait parlé un jour. D’ailleurs c’est lui qui m’avait téléchargé l’application, même si je ne lui accordais aucune importance auparavant. J’ai commandé pour la destination Yoff vers le centre-ville non loin de la place de l’indépendance. À ma grande surprise, moi qui payais 4.000f à 4.500f pour m’y rendre, l’application Yango me fixe comme prix 2700 f. J’ai validé de suite et j’ai contacté le chauffeur qu’on m’avait attribué. Quelques minutes après, la voiture se présente et m’amène sans tambour ni trompette. Depuis lors, j’y ai pris goût. » A-t-il sorti sur un ton de satisfaction.
Un autre, cette fois ci une femme, Awa se nomme-t-elle, l’allure très classe, donne l’air d’une femme « chichi » qui croque la vie à pleines dents. Interceptée alors qu’elle sortait d’une boutique de tissu à Ouest-foire, Awa fait partie de celles qui ont testé les services de Heetch. Son expérience est bien différente de celle d’Abdoulaye.
«  Je vous dis madame la première fois que j’ai pris le Heetch j’ai failli me battre avec le chauffeur ». A-t-elle confié en tentant d’étouffer un rire,  sans le moindre succès.
« Je n’y comprenais plus rien au final madame. Quand j’ai commandé sur l’application pour la distance Parcelles Assainies-Mermoz Sacré-Cœur, elle m’a taxée 1960f. Jusque-là il n’y a pas eu de problème, mais une fois arrivée je lui ai demandé de contourner le petit carrefour pour que je puisse descendre de l’autre côté de la route parce que c’est là que se trouve le bâtiment où je devais me rendre et top bonjour les problèmes. Au moment de payer, il me dit que je dois ajouter 250f de plus croyant qu’il blaguait je ne lui ai pas prêté attention. Il insista et je me suis énervée en lui disant que je ne payerai que ce qui est affiché sur l’application. Enervé il est sorti et m’a presque suivi pour que je l’écoute, chose que je lui ai refusé. C’est mon frère qui était venu m’accueillir qui lui a parlé et m’a finalement expliqué que le chauffeur n’avait pas totalement tort et qu’il n’a fait que suivre l’application. Certainement c’est parce qu’il a fait un contournement que les données du tarif ont changé », a  expliqué la jeune dame qui a finalement décidé de coopérer.
Tel que démontré par ces deux situations vécues, racontées par des clients, les deux entreprises proposent les mêmes services mais leurs méthodologies diffèrent. Fort de ce constat, Dakaractu a effectué sa propre expérience en guise de vérification. En effet, pour une course sur une même distance (de Ouest foire – à l’Ucad), les deux services ont été testés et comparés. D’abord, pour le Yango, le tarif était fixé à 1.400f sur l’application. Les détails sur les coordonnées du chauffeur et la marque du véhicule ainsi que sa position et le temps d’attente pour arriver à destination. Pour le Heetch le tarif était plus élevé. Pour la même distance, 2.000f était le prix fixé par l’application en plus des coordonnées du conducteur, la marque de la voiture et l’estimation du temps de course. Cependant, la différence a été remarquée une fois arrivé à destination. Comme ce fut le cas avec la jeune dame Awa, l’application de Heetch suit en même temps le trajet et actualise le tarif en cas de contournement, d’escale ou de dépassement de la destination.
Au-delà du service de transport, un Business auquel profite les chauffeurs …
Toutefois, ce ne sont pas seulement les clients qui peuvent tirer profit de ces services de transport. Les chauffeurs aussi y trouvent bien leur compte. Un tour à bord de ces transports en commun révolutionnaires a permis de recueillir l’avis de quelques chauffeurs qui ont adhéré à ce concept. Malick, un chauffeur de Taxi aguerri, 10 ans d’expérience, nous informe t-il. Depuis presque deux mois, il a rejoint la plateforme de Yango, après avoir été influencé par un de ses collègues taximen. Pour une recette journalière instable, variant entre 15.000f et 20.000f jadis, aujourd’hui, il gagne en une journée, 25.000f à 30.000f, nous a-t-il confié. Cette somme est considérée comme leur paie. Par contre, l’argent encaissé au cours de la journée par le biais de l’application est reversé le soir à l’agence de Yango.
Un autre, au service de Heetch, a l’air jeune, un vrai business man. De son nom Aboubacar, il avoue avoir trouvé une véritable ressource à travers cette application. C’est pour cette raison qu’il a inscrit ses trois véhicules, tous des particuliers, lui-même conduisant l’un. Une fois inscrit sur la plateforme et donc  actif sur le réseau, il reçoit les commandes et conduit les clients. La somme payée est encaissée et gardée par le chauffeur. Aboubacar de préciser que le plus souvent, il dépasse largement les 35.000f/jour et c’est le cas avec ses autres voitures en service. Toutefois, poursuit-il, s’il arrive que le chauffeur, après 6h heures de travail effectué, ne parvient pas à réunir 20.000f, l’entreprise s’engage à compléter la somme jusqu’à  25.000f. Une somme qui ira directement dans la poche du conducteur. Sur la plateforme Heetch, le chauffeur a la possibilité de suspendre son contrat temporairement en choisissant l’option hors ligne pour vaquer à ses propres occupations. Cependant cette option peut aussi ne pas jouer en faveur du chauffeur qui risque de régresser, d’autant plus qu’il a la possibilité d’échelonner des niveaux sur l’application, partant du Bronze au plus bas, jusqu’au Diamant. En effet, au fur et à mesure que le chauffeur progresse (de par sa disponibilité, le nombre de commandes validé…). Au bas niveau, le conducteur ne reçoit pas toutes les informations sur la commande (destination du client, prix à payer par ce dernier…), alors qu’au Diamant, tous ces détails sont à découvert sur la plateforme et dans ce cas, il a la possibilité de décliner si l’offre ne lui convient pas.
Tout compte fait, ce bond en avant reste positif et bénéfique selon l’avis de la plupart, même si certains conducteurs de taxi ont adopté une attitude méfiante à l’endroit de ces nouveaux entrepreneurs…. 

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Dakaractu

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