Semaine nationale de l’inclusion financière : Le Ministère en charge de la microfinance, décline les enjeux et le rôle de la microfinance.

À l’instar des autres pays membres de l’UEMOA, le Sénégal célèbre la deuxième édition de la Semaine de l’inclusion financière. L’objectif principal est d’échanger avec les parties prenantes sur les enjeux de la digitalisation des paiements pour le secteur financier et les Etats membres de l’UEMOA, les risques liés à l’utilisation des nouvelles technologies financières ainsi que les mesures à mettre en œuvre pour protéger les consommateurs des services financiers.
À ce titre, l’inclusion financière est entendue comme l’accès et l’utilisation, de façon permanente, de services et produits financiers adaptés aux besoins des populations adultes et des PME, offerts par des institutions financières formelles ou par l’intermédiaire d’un support électronique.
L’inclusion financière revêt une importance capitale pour le Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire, d’autant plus que dans ses attributions, il a en charge la promotion de l’économie sociale et solidaire et le développement de la microfinance.
La microfinance au Sénégal demeure un levier de promotion des couches défavorisées et de lutte contre la pauvreté. L’Etat du Sénégal qui travaille depuis 30 ans dans ce secteur, a mis en place des stratégies de développement qui ont abouti à des résultats satisfaisants.

Parmi ses orientations stratégiques, le ministère travaille à la promotion de nouvelles technologies, telles que le mobile banking mutualisé. Cet outil constitue pour la Direction de la Microfinance, un moyen efficace de lutte contre les différentes formes d’exclusion.
C’est dire l’importance du secteur de la Microfinance dans l’inclusion financière dans notre pays, et du rôle qu’il peut jouer pour l’atteinte de l’Objectif de 75% du taux d’inclusion financière à l’horizon 2020 fixé par l’UEMOA, si nous parvenons à mieux connecter les SFD isolés dans le système de monnaie électronique.
Cependant, en érigeant l’Economie Sociale et Solidaire en initiative nationale, le Sénégal compte rendre l’entrepreneuriat accessible aux couches les plus vulnérables à travers des activités micro-économiques génératrices de revenus.
Pour garantir le succès de ces activités appelés à rendre aux acteurs une autonomie économique, ainsi que la possibilité de se développer en entreprises pérennes, il faut un système de microfinance performant.
Même si les taux d’utilisation de services de microfinance n’ont cessé de croître ces 10 dernières années, avec un taux de pénétration démographique des services de microfinance passant de 0.88% à 1.22% entre 2008 et 2018 par exemple, il reste encore beaucoup à accomplir pour rendre les financements plus accessibles.

Lors de la tournée nationale qui nous a mené dans 12 régions du Sénégal, nous avons pu identifier les contraintes liées à l’accès aux financements par les acteurs, mais aussi nous avons pu constater qu’il existait des méthodes de microfinance initiées par les populations pour assurer leurs activités économiques.
Les femmes et hommes que nous avons rencontré ont pu le mieux poser le diagnostic de la microfinance.
Il n’est plus à démontrer que la microfinance est un outil d’inclusion financière pour tous ceux qui ne peuvent pas avoir accès aux financements classiques ou qui, du fait de leur revenus faibles et irréguliers, ne peuvent pas se bancariser.
Mais cet outil gagnerait à être amélioré pour répondre aux exigences du cadre référentiel du Sénégal.

Dans un pays où 96% des acteurs économiques sont dans l’informel, il est urgent de les accompagner afin qu’ils puissent créer une activité structurée et bien financée.
En sus des défis liés aux limites des mécanismes de financement, le plus gros goulot d’étranglement de la microfinance reste le problème des taux d’intérêts souvent extrêmement élevés pour les acteurs.

Le thème de la Semaine d’Inclusion Financière de cette année porte sur “La digitalisation au service de l’inclusion financière : enjeux pour le secteur financier et les Etats membres de l’UEMOA”.
Avec le taux de pénétration élevé de la téléphonie mobile au Sénégal, l’usage du mobile banking s’est rapidement développé. Il est opportun pour le secteur de la microfinance d’étudier les possibilités d’utiliser ce système pour faciliter l’accès aux microfinancements dans les départements du Sénégal.
En effet, nous éliminerions les intermédiaires entre les institutions financières et les bénéficiaires, ce qui impacterait sensiblement les taux appliqués par les SFD.
D’autre part, le mobile banking est une solution dans les localités où les institutions financières sont peu présentes ou mal dotées.
La vocation de la microfinance est d’octroyer des financements dans un délai court qui permette aux bénéficiaires de développer leurs activités. Le développement de nouveaux produits financiers serait donc une excellente opportunité de révolutionner le secteur à court terme.